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CHAPITRE 16 – La révélation familiale

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CHAPITRE 16 – La révélation familiale

Jour 8 - 8 octobre (soir) - Quand les secrets éclatent au grand jour.

Le dîner était prévu pour 19h. À 19h15, personne n'avait encore touché à son assiette.

Claire et Julien s'étaient assis en face de Moira et des enfants, comme si une ligne de bataille invisible divisait la table.

"Bon", commença Julien en se raclant la gorge. "Il faut qu'on parle. De tout ça. Des... histoires de votre grand-mère."

Claire prit une inspiration tremblante.

"Maman, tu vas arrêter de leur remplir la tête avec tes délires. Maya fait des cauchemars, Elias parle tout seul, et maintenant tu veux qu'elle sèche les cours pour tes... tes rituels !"

"Ce ne sont pas des délires", répliqua Moira calmement. "Tu le sais très bien."

"Je ne sais rien du tout ! J'ai grandi avec tes histoires de fantômes, de malédictions, de responsabilités sacrées, et regarde ce que ça a donné ! Je ne ressens rien, je ne vois rien, je ne suis qu'une..."

"Une quoi ?"

Claire fondit en larmes.

"Une ratée. Une fille qui n'a même pas hérité du don de sa propre mère."

Le silence tomba comme une chape de plomb. Elias regardait alternativement ses parents et sa grand-mère, les yeux écarquillés.

Julien posa sa main sur celle de sa femme.

"Claire... tu n'as jamais été une ratée."

"Vraiment ?" Elle se tourna vers Moira. "Dis-lui, maman. Dis-lui combien de fois tu as été déçue que je ne voie rien. Que je ne ressente rien. Que je ne sois qu'une... qu'une fille normale."

Moira ferma les yeux.

"Je n'ai jamais été déçue de toi, Claire. J'étais... soulagée."

"Quoi ?"

"Tu crois que c'est un don ? Tu crois que c'est une bénédiction de voir les morts, d'entendre leurs souffrances, de porter le poids de leur colère ? De savoir que tu mourras jeune pour nourrir quelque chose d'antique et d'affamé ?"

Moira ouvrit les yeux, et Maya y vit des larmes.

"Quand tu es née, j'ai prié pour que tu sois normale. Que tu puisses vivre une vie ordinaire, avoir des enfants, vieillir en paix. Et quand j'ai compris que tu n'avais pas le don... j'étais heureuse, Claire. Heureuse que l'une de mes filles échappe à cette malédiction."

"Mais maintenant..."

"Maintenant, elle s'est reportée sur tes enfants. Et c'est encore pire que tout ce que j'avais imaginé."

Julien se pencha en avant.

"Qu'est-ce que vous voulez dire par 'encore pire' ?"

Moira regarda Maya, puis Elias.

"Le don ne s'est jamais manifesté chez deux enfants d'une même famille. Et jamais chez un garçon. Les règles ancestrales sont brisées. Et quand les règles se brisent..."

Elle n'eut pas besoin de finir sa phrase. La clepsydre de Maya, posée sur le buffet, se mit soudain à vibrer violemment.

Et dans le jardin, toutes les lumières s'éteignirent d'un coup.

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