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🕯️ CHAPITRE 1 — La Clepsydre Noire

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🕯️ CHAPITRE 1 — La Clepsydre Noire

Jour 1 – 1er octobre — L’automne est là. Et elle aussi, peut-être. Le vent avait changé.

Maya le sentait sans vraiment pouvoir l’expliquer.

Ce n’était pas juste l’automne qui s’installait : ce vent-là portait autre chose. Quelque chose de plus ancien. De plus lourd.

Les feuilles mortes s’écrasaient contre les vitres de la maison familiale, une vieille bâtisse en pierre posée à la lisière du village de Noxbury.

Un village figé entre forêt et brume, où l’air semblait ne jamais complètement sécher.

Ce samedi matin, leur mère avait demandé à Maya d’aller chercher les décorations d’Halloween à la cave.

Comme chaque année.

Sauf que cette année, tout paraissait plus… silencieux.

Elle ouvrit la trappe qui grinça dans un soupir. Une vague de froid humide lui remonta le long de la colonne.

Pas un courant d’air.

Un froid posé là, comme une main invisible.

Elle tira sur la corde de l’ampoule suspendue. La lumière jaunit et vacillante éclaira un amas d’objets abandonnés.

Des cartons, des meubles bancals, une ancienne commode recouverte d’un grand drap gris.

Et là, sur l’étagère de droite, un carton en lettres majuscules :

HALLOWEEN.

Maya le repéra immédiatement. Elle se mis sur la pointe des pied pour l’attraper, mais le carton était plus lourd qu’elle ne l’avait imaginé.

En le tirant vers elle, elle accrocha le drap qui couvrait la vieille commode.

Le tissu glissa d’un coup sec.

Elle se figea.

Sur la surface de bois, au centre exact, reposait un objet étrange, noir et imposant.

Un cylindre en pierre lisse, haute d’environ quarante centimètres, décoré de gravures irrégulières.

En son cœur, une bulle de verre contenait une matière sombre, brillante, presque métallique… mais figée.

Ce n’était pas un sablier.

Et pourtant, Maya sut sans comprendre comment que c’était un instrument de mesure du temps.

Un mot lui traversa l’esprit, surgissant de nulle part.

— Clepsydre.

Elle ne savait même pas ce que ça voulait dire.

Et pourtant, ce mot sonnait juste. Ancien. Solennel.

Au sommet de l’objet, un symbole était gravé : un triangle inversé cerclé d’un anneau brisé.

Il vibrait, presque imperceptiblement.

Maya sentit une chaleur sourde dans sa main.

Comme si sa paume reconnaissait la pierre sans jamais l’avoir touchée.

Elle tendit les doigts.

Quand sa peau effleura la clepsydre, une pulsation la traversa.

Pas électrique.

Organique. Comme un cœur qui bat… mais pas le sien.

Elle aurait pu reculer. Elle ne le fit pas.

D’un geste lent, presque hypnotique, elle retourna l’objet.

Le sable — ou ce qui y ressemblait — commença à couler. Lentement.

Un son lourd, comme si chaque grain tombait dans une cavité profonde et sans fond.

L’ampoule au plafond vacilla.

Le froid se referma un instant sur ses épaules, puis se dissipa.

Au-dessus d’elle, la voix d’Elias résonna :

— Maya ! Tu fais quoi ? Maman dit de pas rester longtemps dans le noir !

Elle répondit d’un “J’arrive !”, les yeux toujours rivés sur la clepsydre.

Puis elle s’éloigna à reculons, attrapant enfin le carton de décorations.

Mais dans la cave, derrière elle, l’air vibra doucement.

Comme si quelque chose venait de s’éveiller.

Et une voix presque inaudible, Ă  la limite du souffle, chuchota :

— L’ascension a commencé.

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